Alors les Peas, il est 12h30 et vous avez l'air crevés...
Que se passe-t-il ?
Fergie :
On n'a dormi que quatre heures parce qu'on n'arrête pas en ce moment. On enchaîne concerts et promo sans avoir le temps de se remettre des décalages horaires...
Taboo :
C'est pour ça que l'album s'appelle Monkey Business : parce que, dans ce métier, on a parfois l'impression d'être une bande de singes savants à qui on ne demande que de faire des tours... Et après, basta !
Quand on vous voit délirer sur scène, on ne se doute pas forcément de tout le travail fait en amont...
Fergie :
Oui, c'est important de le dire. Le show, les moments de délires, c'est 10% de notre temps de travail. Les 90% restants; c'est du studio, des déplacements, de la promotion, des réunions,etc.
C'est parfois agréable, mais il y a des sacrifices à faire, parce que ça prend énormément de temps sur la vie perso.
(une petite musique sort de la poche de Taboo)
Taboo :
Oh, c'est mon iPod, pardon ! T'as vu, c'est la série limitée U2...
Pas mal ! Eh bien, parlons-en de ton iPod, qu'est-ce qu'il y a dedans ?
Taboo :
Les Black Eyed Peas !
Sans blague ?
Taboo :
Sans blague, car réécouter nos morceaux me permet de bien mémoriser les paroles, vu qu'on a très peu de temps pour faire de vrais répétition.
Fergie :
C'est pratique ! Et puis il m'arrive de l'écouter juste parce que je suis fière du disque...
Taboo :
Sinon, il y a aussi du Sade, du Bob Marley, Massive Attack, Stereolab...
Il paraît que vous avez enregistré vos nouveaux morceaux un peu partout dans le monde, au gré de la tournée... Vrai ou faux ?
Fergie :
Vrai, en grande partie. Will.I.Am a enregistré la voix de Pump it au Japon, dans le train entre Osaka et Yokohama. On avait un compartiment pour nous, c'était top !
Parlons de vos invités. D'abord, vous retrouvez Justin Timberlake, déjà présent sur Elephunk...
Taboo :
Oui, c'est un pote ! On a le plus grand respect pour son talent.
Et Sting...En fait, on va dire que vous avez surtout posé un nouveau texte sur la musique de son Englishman In New York...
Fergie :
Oui, enfin, pas du tout à fait... C'est vraiment une nouvelle chanson, quand même... Ce qui nous a rappochés de Sting, c'est qu'on est aussi des artistes concernés par ce qui se passe dans le monde, hors du show-biz. On a passé du temps avec lui dans son château de la campagne anglaise, c'était trop bien !
Vos sapes content aussi dans le succès du groupe. Comment avez-vous trouvé votre style ?
Fergie :
Ce qu'il faut bien comprendre, avec la mode, c'est les sens des mélanges. Il ne faut pas se focaliser sur telle ou telle marque, ça n'a aucun sens. Tiens, regarde, mon petit sac à main aujourd'hui, c'est un Balenciaga. Mais je l'ai customisé avec ce petit singe accroché à la lanière. On aime bien traîner dans les boutiques de fringues d'occasion, parce que tu trouves des trucs formiables pour pas cher et tu es quasi sûr de ne pas voir plein de gens porter la même chose.
Taboo :
Dans les année 80, j'aimais bien les couleurs flashy qu'on portait dans le hip-hop. Les rappeurs étaient moins focalisés par les marques.
Fergie :
Tes fringues doivent exprimer ta personnalité. N'essayez pas de ressembler aux pubs, ne ressemblez qu'a vous même !
On sait tous que les B.E.P sont un super groupe pour s'éclater, mais il y a aussi une facette plus "soft" que j'aime bien dans le CD...
Fergie :
Ah, ça me fait plaisir que tu dises ça ! En ce qui me concerne, je me sens beaucoup plus vulnérable, plus sensible que l'image qu'on peut avoir de moi à travers les clips et concerts.
Je pense que j'explorerai plus ce côté "féminin" dans mon album solo. Taboo et moi avons vécu des ruptures sentimentales pendant la promotion d'Elephunk, et ça s'entend dans certains textes...
De façon générales, les trois garçons n'ont pas peur d'exprimer leurs sentiments-je crois que c'est parce qu'il ont grandi avec des mamans super.
Elephunk a cartonné dans le monde entier. Y a-t-il des pays qui ont resisté à votre triomphe ?
Taboo :
L'Egypte et L'Inde. Non, en fait, je ne sais pas... On nous a proposé de faire des concerts au Moyen-Orient - mais, à ce moment là, on était épuisés, on avait besoin de passer du temps tranquilles, de revoir nos familles...
Interview P.Fageolle de STAR Club
